I- Le maquillage selon certains peuples et son développement au fil des siècles.


Déjà lors de la préhistoire, il semblerait que les hommes et les femmes aient commencé à utiliser la peinture corporelle, composée de plantes, de terre broyée, mélangée avec de l’eau…

Après de nombreuses recherches, il semblerait que les premières traces écrites dans la Bible, permettraient de retrouver des accessoires et des cosmétiques remontant à 5000 ans avant Jésus Christ...

Certains prédicateurs du Moyen Âge auraient fait du maquillage "L'arme du diable" destinée à faire perdre les femmes et les époux. En effet, il semblerait que le maquillage soit un signe d'orgeuil, entrainant la luxure constituant un péché envers dieu car il donne une apparence différente, fausse de celle que notre créateur a donné à l'Homme. 

Pour ces prédicateurs, le maquillage est considéré comme diabolique, comme un subterfuge, une ruse qui dissimulerait la puanteur réelle, ainsi que l'horreur de l'âme et du corps de la personne. Il mènerait à la débauche. Cependant, une seule couleur était tolérée par ces hommes, "Le rouge de la pudeur". D'après Tertullien, écrivain de langue latine, comme dans le livre d'Hénoch (écrit p seudépigraphique de l'Ancien Testament), le maquillage et les soins auraient été enseignés aux Hommes par les anges déchus. 

 


 

1)     Le maquillage chez les Egyptiens.



Depuis toujours, les Egyptiens sont, notamment dans l’Antiquité, caractérisés par la beauté de leurs couleurs, de leurs biens, de ces magnifiques tombeaux décorés dans lesquels reposaient les dieux et les rois et reines du pays, de ces hommes et femmes maquillés, sublimés, par des maquillages divers et variés.

C’est environ 3000 ans avant notre ère que les Egyptiens utilisaient toutes sortes d’huiles parfumées et maquillaient leurs visage et corps à l’aide de nombreux colorants, notamment avec des rouges à lèvres à base de rouge minéral, de khôl à base d’antimoine ou de suie, sur les paupières supérieures et les cils ou encore des colorations au henné sur les ongles !

Cependant, cette pratique était à l’origine réservée aux prêtres, lors de cérémonies. Les cosmétiques étaient aussi davantage liés aux fonctions thérapeutiques, utilisés ici aussi par les prêtres. Cela prouve que la pratique du maquillage était tout d’abord considérée comme un rituel, une symbolique.


Les couleurs utilisées pour le maquillage avaient pour certains une symbolique bien particulière en Egypte ancienne.

Le vert et le noir ont été des couleurs à la base du maquillage pendant longtemps.

  Le vert, par exemple, était la couleur de la nature, de la renaissance, mais il était aussi la couleur d'Osiris, le Dieu de la terre, de la végétation. Osiris est d'ailleurs toujours représenté avec un visage vert.

• La couleur noire représente le limon noir, très fertile, laissé par le Nil. Dans la culture égyptienne, il symbolise la vie, la renaissance, le renouvellement. Les divinités tel qu'Horus, le dieu du Ciel, représenté par une tête de faucon, est caractérisé par son oeil prolongé d'une "goutte". L'oeil noir d'Horus, est le symbole même de l'abondance, de la lumière et de la connaissance.

• Le jaune était représenté par la couleur or, associé à la chair des Dieux, aux masques funéraires ou encore à l'immortalité...



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 Ci-dessus est représenté la Reine Cléopâtre, jouée par une actrice. L'important ici est de reconnaitre la couleur verte très symbolique de son maquillage, ainsi que la "goutte" de son oeil noir. Une reférence ici aux dieux cités et représentés sur l'image ci-contre.





Ci-dessus est représenté Horus, à la tête de faucon (à droite de l'image) ainsi qu'Osiris, et son corps vert (deuxième personnage à gauche).

 


Le maquillage des femmes égyptiennes avait souvent un but hygiénique. Le maquillage utilisé par les populations égyptiennes,il y a quatre mille ans, avait des vertus contre les infections et les maladies. Les femmes ne se maquillaient pas simplement pour s'embellir et séduire, mais aussi pour des raisons médicales. 

D'un autre côté, le maquillage a aussi contribué à améliorer, à sublimer la beauté des Egyptiens et Egyptiennes, telle que le pharaon Ramsès ou la reine Cléopâtre, d'autres personnages importants, rois et "dieux vivants". De plus, ces hommes et femmes pratiquaient déjà tous les rites de beauté que nous utilisons aujourd’hui ainsi que des soins du corps.

Certains ingrédients comme le limon du Nil s’utilisaient comme substance saponifiée, que les hommes et les femmes frottaient sur leur corps, pour obtenir une desquamation de la peau, en s’enduisant ensuite d’une huile, généralement parfumée.

Ces techniques et produits ont vite été transformés en fards et toutes sortes de produits de beauté, ce qui a permis de les commercialiser en les négociant dans certains pays d’Asie mineure et d’Afrique du Nord.


Finalement, nous pouvons conclure qu’à cette époque, chez les Egyptiens, la cosmétique et le maquillage étaient importants, d’une manière symbolique avant tout, mais aussi et surtout d'une manière  très naturelle.


Il existe depuis toujours une forte croyance, chez les Egyptiens, ainsi que chez d'autres populations du monde antique... En effet, il paraitrait qu'à l'origine, le maquillage sur les lèvres permettait d'empêcher le diable d'entrer dans le corps de l'individu par la bouche. De la même façon, le Khôl des yeux avait pour but de protéger du mauvais oeil. En effet, les Egyptiens appliquaient ce khôl en cercle autour de leur yeux.  Nous savons de manière plus scientifique qu'un cercle somble dessiné autour de l'oeil absorbe la lumière du soleil et, en conséquent, minimise le reflet dans l'oeil. 

 (Voir photo ci-dessus représentant Cléopâtre. Un khôl noir fait tout le tour de son oeil). 



2)     Le maquillage en Grèce et à Rome.

 

En Grèce et dans l’Empire romain, les produits de maquillage se sont fait connaître progressivement, un peu plus tard… C’est en effet des caravanes amenant de la soie, et des épices en Europe, qui ont fait connaître l’existence de ces produits cosmétiques et de beauté.

En Grèce antique, notamment à Athènes et Sparte, la pratique du maquillage et de la cosmétique était à l’origine interdite aux femmes, à l’exception des courtisanes. Dans l’Empire romain, les femmes des familles nobles, appelées les patriciennes, consacraient énormément de temps à leur toilette, à leur coiffure et maquillage.

Un personnage important de l'Histoire a lui aussi étudié certains aspects du maquillage. Effectivement, Ovide, un poète latin italien, qui a étudié à Rome, a écrit un Traité en IV avant Jésus Christ, sur la coquetterie, "Les Cosmétiques". Il y a fournit de nombreux conseils, ainsi que de nombreuses "recettes" de beauté, aux femmes de son époque. "Que votre amant ne vous surprenne pas avec vos boites étalées sur la table : L'art n'embellit la figure que s'il ne se montre pas". 

Depuis toujours, la mode existe, change, est suivie par de nombreuses femmes… A cette époque, au 1er siècle, cette mode voulait que la peau soit pâle, éclaircie, avec de la céruse et de la craie. Les femmes se soulignaient aussi le regard d’un trait de Khôl, et leur teint était rehaussé avec du rouge, ainsi que les lèvres. La symbolique de cette pratique de la peau pâle, demeure depuis des décennies dans de nombreuses civilations pour l'aspect de blancheur, donc de richesse. 

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 Ici, nous pouvons observer l'actrice Angelina Jolie jouant une femme grecque.

Un maquillage accordé à la tradition de l'époque.












3)     Le maquillage tribal.



D'après de nombreuses études, et depuis longtemps, de nombreuses ethnies d'Afrique comme le Congo, l'Ethiopie, ou encore Madagascar, n'acceptent pas leur couleur de peau. En effet, nous connaissons tous les peintures extravagantes que ces hommes et femmes utilisent pour se maquiller la peau et le visage, encore aujourd'hui. Outre l'aspect traditionnel de ces peintures et symboles, leur maquillage servait aussi et beaucoup à cacher la couleur noire de leur peau.

 

Les peuples de l’Omo vivent au pied du fleuve de l’Omo, à cheval entre l’Ethiopie, le Soudan et le Kenya, dans la grande vallée du Rift. C’est une grande région volcanique, fournissant une immense palette de pigments, ocre rouge, kaolin blanc, ou encore vert cuivré,  jaune lumineux, ou gris de cendre… Ces peuples sont le génie de la peinture sur corps. Leur taille de deux mètres de hauts est une toile potentielle immense ! Ils dessinent à mains nues, du bout des doigts. Ils se décorent généralement afin de séduire, d’être beau. C’est un art libre, éphémère et gratuit, étant donné l’immense réserve de tous ces colorants et ingrédients naturels, qui leur servent pour se maquiller. Dès leur plus jeune âge, les membres de plusieurs de ces tribus se peignent le corps et les cheveux à base de tous ces produits naturels, qu’ils trouvent dans la nature. Que ce soit toutes les plantes ou les colorants naturels, tous peuvent permettre aux tribus de se peindre le corps. Ils accompagnent très souvent leur peinture avec des plantes, des bouts de bois, certaines feuilles afin de se décorer le corps et la tête. 


 

maquillage-tribal-400x272-2.jpgomo2.jpgCes photos ont été effectuées par Hans Silvester, lors d'un voyage à la rencontre de ce peuple de l'Omo...

 






    4) L'évolution du maquillage à travers les siècles. 

 

Ce que nous ignorons, c’est que beaucoup de femmes, à la Renaissance, utilisaient de nombreuses techniques afin de sublimer leur visage, cheveux… La « mode » voulait que ces femmes aient les cheveux dorés. Pour cela, elles enduisaient leurs cheveux d’un mélange de citron et de safran puis, exposaient leurs chevelures au soleil afin que celles-ci dorent. De plus, l’idéal de beauté consistait à avoir le teint très pâle, tandis que les joues, les lèvres et les ongles, devaient être rouge. Pour cela, les femmes utilisaient de la teinture de cochenille, notamment pour leurs lèvres. 

Par ailleurs, leur visage était poudré à la céruse et à l’ocre rouge.

Ce sont les Croisés (Pelerins au Moyen Age) qui ont rapporté le maquillage en Europe du nord, aux alentours du XIIème siècle environ.  Avant cette époque, le maquillage et la cosmétique ne servaient généralement qu’aux nobles. 

C’est justement au 17ème siècle que le maquillage s’est étendu dans toutes les classes sociales.

Un siècle plus tard, les nobles utilisaient déjà le fond de teint, de la teinture pour les cheveux et du parfum.

Par exemple, nous connaissons tous les hommes et femmes du 18ème coiffés de leurs longues perruques poudrées et leur teint si pâle !

 

 

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Ici, nous pouvons observer l'actrice Glenn Close, interprétant la Marquise de Merteuil dans Les liaisons dangereuses, film de Stephen Frears, adapté du roman de Choderlos de Laclos. Nous pouvons en effet remarqué le maquillage utilisé, notamment son teint très pâle, ses lèvres rouges, un bon exemple du maquillage utilisé au 18ème siècle. 

 





 

Les femmes du 18ème  abusaient souvent du rouge et dormaient très souvent fardées.

Il faut savoir aussi qu’à cette époque, et jusqu’au 19ème siècle, les produits utilisés étaient très toxiques, car ils contenaient du plomb et du mercure. Notamment le blanc de céruse.


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  BLANC DE CERUSE.

  Pigment blanc à base de plomb

C'est un ingrédient qui a été interdit à partir de 1948, étant qualifié de trop dangereux. 

 


C’est au 19ème siècle que l’on a retrouvé un certain retour au naturel quant au maquillage.

Les progrès scientifiques et l’industrialisation ont eu une grande importance dans l’évolution des cosmétiques au XXème et au début du XXIème siècle. Il y a eu de grands bouleversements comme l’apparition de parfums de synthèse ou parfum fabriqué. Le parfum traditionnel est conçu par des procédés moins coûteux et inovants, par l'emploi de nouveaux composés tels les tensioactifs qui modifient la tension superficielle entre deux surfaces,  par l'utilisation de conservateurs…


 


 

C’est par tout cela que nous comprenons que le maquillage que nous utilisons aujourd’hui ne date pas d’hier ! Toutes ces techniques se retrouvent en général dans les produits d’aujourd’hui, cependant les ingrédients, la palette de couleurs ainsi que les marques de produits se sont beaucoup accumulées et diversifiées...